Harry Potter et l’Enfant maudit : Critiques

Bonsoir à tous, chers lecteurs !

Ce soir, un article bien particulier.
Nous sommes tous ou presque sur ce forum de la génération qui a été bercée par la saga Harry Potter.
Nous sommes donc sans surprise tous très dubitatif quant-à la qualité de la dernière œuvre tirée de cet univers, la pièce de théâtre narrant les aventures de notre héros, de ses amis et… de leurs bambins.

La pièce n’est pas encore sortie en français, mais pour tester 3 de nos membres ont fait l’expérience de lire l’œuvre dans la langue de Shakespeare. /!\ Ces critiques sont pleines de spoilers, vous êtes prévenus !

Le premier a avoir donné son avis sur la question est Maximus. Et je vous le dit, le verdict est plus que mitigé !

Alors c’était… moyen.
J’avais pas d’attente particulière avant, néanmoins sitôt téléchargé quand tu lis « Harry Potter » dans le titre tu t’attends toujours un peu à quelque chose.

J’ai eu l’impression de lire une fanfiction en fait.
PS : je ne lis pas de fanfiction.
Mais si j’en lisais je pense que ça aurait plus ou moins ce goût là. En terme de fan-service notamment.

Heureusement, ce que je craignais le plus ne fut pas le cas, j’avais peur de tomber sur une histoire trop adulte avec Harry perdu dans la paperasse, Ron qui bat sa femme et qui plonge dans des problèmes de drogue, et des petites histoires inintéressantes, non !
On a droit aux enjeux et aux histoires à la Harry Potter.

Cependant… était-il nécessaire de faire tourner l’histoire autour du voyage dans le temps ?
J’veux dire que c’est quelque chose de particulièrement ardu et quand une histoire fonctionne bien sans avoir eu de lien avec le voyage dans le temps (Star Wars, Seigneur des Anneaux, ce que vous voulez), mieux vaut ne pas l’intégrer dans la recette !
Bah pourtant ils sont tombés en plein dedans avec ce Harry Potter.
À tel point que je me demande si ce n’est pas pour faire du fan-service : revivre le tournoi des trois sorciers, et pire que ça : la scène où Severus Rogue dit à Scorpius qu’il est fier que Harry ait donné son nom à son fils, on sent que c’est du fan-service à 100%, voire même que Rowling a voulu se faire plaisir elle-même en se disant : « ah c’est tout de même beau que Harry ait donné son nom à son fils, ça aurait été super si Severus Rogue avait pu le savoir ! :’) »
-___-‘

Pourtant l’histoire partait bien, l’idée d’un Albus Potter qui se retrouve à Serpentard, n’est doué en rien contrairement à son père et s’isole avec son seul ami qui est aussi un paria de l’école (qui plus est un Malefoy soupçonné d’être le fils de Voldemort) et ils tombent ensemble dans la déprime, c’était prometteur !
Bon ça rappelait un peu les groupes de gothiques du collège au début des années 2000 et ça fleurait aussi un peu Columbine, mais si on met ces pensées de côté c’était scénaristiquement intéressant, l’histoire téléphonée telle qu’on l’attendait du Gryffondor à grand succès étant plutôt celle de son grand-frère James.
L’idée de Scorpius orienté vers le bien malgré qu’il soit un Serpentard et un Malefoy, je valide, le meilleur ami d’un Potter, c’était beau.

Bon, donc en fait ça partait pas mal, jusqu’à ces histoires de voyage dans le temps.
Ils foutent le bordel dans le temps et le réparent. Soit.
Tout ce qui se passe du côté de Hermione, Harry, et Ron (dont le personnage a évolué pour être une version âgée de Fred/Georges fusionnée avec Mr Weasley ?), et Drago est brouillon à souhait.
Ils se rassemblent tous les trois et recommencent à faire les 400 coups comme si ils avaient de nouveau 12 ans, alors qu’Hermione est quand même censée être ministre de la magie, puis se séparent puis se retrouvent illico comme par magie (get it ?) sitôt qu’Albus fait des siennes.
Un peu d’organisation chez les sorciers, ou faut toujours être dans la réaction et agir comme des aventuriers ?

Bon c’est brouillon, c’est peu crédible, mais on a quand même un Harry Potter feel.

Mais c’est là que ça va barrer cruellement en sucette, et je vais devoir citer le sage Bob Lennon : « Ça ne me dérange pas qu’un récit ne soit pas réaliste, ce que je veux c’est qu’il soit cohérent dans son propre univers. »

Sans parler des Time-turners qui ouvrent la porte au nawak et au sentiment qu’en fait tout ce que Harry a accompli risque de basculer sitôt qu’un type aura réinventé un retourneur de temps, le pire c’est Delphi.

Delphi putain.
Par où commencer, y’a tellement de choses qui ne vont pas avec ce personnage.
En fait, qu’est-ce qui va avec ce personnage ?

C’est la FILLE de Voldemort.
LA FILLE DE VOLDEMORT ! Conçue, si on en suit la timeline, quand Harry était en fin d’année 6.
Donc pas la fille de Tom Jédusor, ce qui aurait pu être envisageable. Non.
La fille du Voldemort dont on nous a dit EXPLICITEMENT dans le bouquin qu’il avait échangé son âme contre les horcruxes et qu’il était devenu moins qu’un homme, et même une parodie qui n’avait plus rien d’humain.
Donc how in the fuck il a pu avoir une gosse ???
Je sais que y’a pas besoin d’amour pour faire un enfant, les enfants nés d’un viol en sont la preuve, mais y’a quand même besoin euh… d’humanité, enfin ça me semble un minimum.
Et puis Voldemort qui décide de faire l’am… pardon de faire un gosse entre les tomes 6 et 7, ça ne cadre pas du tout mais alors PAS DU TOUT avec le personnage.

Surtout que le récit en lui-même n’avait pas besoin qu’elle soit la fille de Voldemort. La fille de Jean-Alain Boumsong ça aurait marché aussi bien.
On avait déjà les enfants maudits avec Albus Potter, rejeton indigne du légendaire Harry, et Scorpius Malefoy, fils du traître et deshonoré Malefoy, et soupçonné d’être le fils de Voldemort.
Mais en fait, le vrai enfant maudit, c’était Delphi ?

Ça me rappelle Star Wars 7, où tous les fans voulaient savoir (réclamaient à moitié) que Rey soit la fille de Luke, alors qu’on a déjà eu la révélation de Ren fils d’Han Solo.
Je sais que l’esprit simplet de l’être humain de base aime bien quand y’a pas trop de monde et quand tout est lié, et quand on utilise toujours le même ressort scénaristique mais fuck ! Tout n’a pas toujours besoin d’être ramené à une histoire de famille, les gens peuvent être ce qu’ils sont sans avoir besoin d’être le fils ou la fille de quelqu’un !
Dans Star Wars si tu t’appelles pas Solo ou Skywalker il semblerait que tu ne serves à rien, bah dans Harry Potter ça devient la même chose si tu ne t’appelles pas Potter, Malefoy, ou (rire) Voldemort.
Je sais que le « Je suis ton Père » de l’Empire Contre Attaque était une claque qui a marqué la joue du cinéma à jamais (et de toute histoire en fait), mais bon sang revenez-en !

Delphi aurait simplement pu être la fille de Beatrix Lestrange et d’un crasseux Mangemort lambda point barre, ça m’aurait évité de lever les yeux aux ciels à cause d’un ressort scénaristique tellement grillé de loin qu’on dirait une corde scénaristique, en plus d’amener son lot d’incohérences.

Ah également, elle avait vraiment besoin d’avoir le comportement d’un boss mal introduit de videogame, où le combat a lieu dans une tour où elle se met à voler, elle est plus forte que tout le monde, balance des sorts partout et il faut se mettre dessus à cinq pour la vaincre ?

Vous l’aurez compris ce personnage me les a BRISÉ, et non content de gâcher un peu ce bouquin, gâche aussi le personnage de Voldemort dans la saga Harry Potter originale.

Un très gros point faible également dû au support : l’histoire rushe contrairement à HP où ça prenait son temps (oui, je sais, c’est le support), et surtout on perd un des intérêts principaux de HP : le narrateur.
Ou plutôt « la narration », vu qu’il n’y avait pas un « narrateur » clairement identifié dans HP. La narration d’HP avait énormément d’humour, et une grande partie de l’humour et de l’esprit du livre venait de là, plus encore que des dialogues (même si je reconnais que le Dumbledore du livre 5 savait manier la punchline), naturellement on perd cet aspect là au théâtre.

J’vais noter un point de détail positif : les éclaircissements concernant la psychologie de Drago, où il reconnait qu’il se sentait seul, et jaloux de l’amitié entre Harry, Ron, et Hermione, vu que lui était entouré des deux gros beaufs Crabbe et Goyle, et que c’est ça en partie qui l’a amené à être aussi méchant, puis ensuite à sombrer dans les ténèbres.
C’était un point intéressant pour éclaircir la psychologie du personnage dont le retournement dans Harry Potter est un petit peu énigmatique.
Les relations père-fils entre Harry-Albus et Drago-Scorpius sont intéressantes.
Mais ça ne sauve pas l’histoire qui est un peu surréaliste et a besoin de se reposer sur un voyage dans le temps et la fille de Voldemort pour tirer suffisamment sur la corde de la mélancolie.

Verdict : je suis content de connaitre la suite, aussi bizarre et capillotractée soit-elle, mais content de ne pas avoir acheté le bouquin, j’aurais été déçu.

La critique suivante est celle de Arik. Son avis est bien plus enthousiaste.

Je vais pas tourner autour du pot, j’ai adoré Harry Potter and the Cursed Child.

Globalement je n’en attendais pas grand-chose. Pour moi, la saga s’est terminée avec le 7e tome, et celui-là n’est que du bonus. D’autant que je ne le prends pas vraiment comme un Harry Potter. Certes, il y a son nom sur la couverture et il tient un rôle principal dans l’histoire, mais ce rôle est plus une présence qui se tient dans l’ombre que sous le feu des projecteurs.

Du coup quand j’ai commencé à lire cette nouvelle histoire, je ne suis pas parti avec des a priori, ni même des attentes particulières, si ce n’est bien sûr de lire un bon livre. Et dès le début ça tranche pas mal avec ce qu’on connaît, puisqu’il s’agit, pour ceux qui ne le sauraient pas, du script de la pièce de théâtre. Cependant, c’est toujours écrit par J.K. Rowling et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est très ambitieux pour une pièce de théâtre. J’y connais pas grand-chose, mais quand on voit le nombre d’acteurs (dont un paquet de figurants) et de décors, sans compter la magie omniprésente, ben ça force le respect.

Alors vous allez peut être penser que « bah c’est un Harry Potter, heureusement qu’il y a de la magie », et je vous répondrai oui en effet, mais quand vous transposez ça sur une scène ça doit être un vrai calvaire. Rien qu’en lisant le premier acte, je me suis mis à la place du metteur en scène qui a dû s’arracher les cheveux^^

Malgré tout, cet aspect technique très ambitieux permet de ne pas perdre le lecteur (ou le spectateur), car on se retrouve vite plongé dans l’univers des sorciers.

Mais laissons la technique de côté pour jeter un œil à l’histoire en elle-même. Cette fois-ci, nous suivons principalement Albus Potter, second fils de Harry et Giny. Et si les sept premiers tomes se tournaient beaucoup autour des concepts de l’amour et de l’amitié, the Cursed Child explore ces éléments à fond, mettant en scène un jeune homme (Albus), et son père (Harry), incapable de se comprendre, voire se détestant mutuellement (le terme est un peu fort, mais il y a de ça quand même). Si la magie reste très présente tout au long de l’histoire, c’est plutôt la quête de personnalité d’Albus qui nous tient en haleine de bout en bout. En effet, comme le dit le synopsis, s’il est dur d’être Harry Potter, il est encore plus difficile d’être son fils.

Si les histoires reprenant les quêtes de la personnalité et du passage à l’âge adulte sont légions, force est de constater que c’est une recette qui marche à merveille.

Bref, tout ça pour dire que j’ai vraiment adoré (et je tiens à préciser que je suis un fan des bouquins depuis que j’ai 8 ans^^), et que j’espère voir arriver une adaptation française au théâtre ! En tout cas, ça faisait longtemps que j’avais pas dévoré un livre aussi rapidement^^

Le troisième et dernier testeur est Arty avec un avis très proche de celui de Maximus.

C’est bon, j’ai lu ce fameux bouquin !
Pour avoir mon avis, je vous invite à relire la critique de maximus. Absolument tout ce que j’avais prévu d’en dire a déjà été écrit dans sa critique ! Chapeau bas général !

Sinon, juste pour ne pas tirer sur l’ambulance, je me suis imaginé à penser ce que la mise en scène devait être. Vu les quelques photos qui sont sorties sur les décors et les effets visuels, je ne peux que penser que cette pièce doit vraiment être très impressionnante à voir. A lire malheureusement, elle l’est beaucoup moins.
Comme dit plus haut, je suis content de connaître les évènements qui se sont passées (et qui contribuent donc à agrandir le « wizarding world »), mais je suis quand même déçu de certaines facilités prises.
C’est con parce qu’il y a quand même de très bonne idées.

Le monde dans lequel Voldemort a gagné est vraiment très intéressant (c’est vraiment le truc qui m’a le plus marqué), un Potter chez les serpentard est vraiment intéressant aussi. En fait, le fond est bien pensé, mais ils se sont vraiment senti obligés de chier sur les personnages. Malfoy et Harry qui sont potes et se font des déclarations, c’est tellement mal amené … Les mecs se sont haïs la moitié de leur vie, on se serait attendus à AU MOINS des pics et des clashs de temps en temps. Le personnage de Ron a dû être écrit alors que JKR devait avoir la gastro, parce qu’il est vraiment à chier. D’un des personnages importants du golden trio (un personnage qui, dans l’univers de HP, a quand même sa carte de choco grenouille !) ne sert tellement à rien. Ses interventions sont nuls, ses dialogues sont nuls. Le fait qu’il gère Weasley Wizard Wheezes est présenté comme une infamie par rapport à Harry et Hermione (alors que JKR a précisé, peu après la sortie du 7, que Harry et Ron sont devenus aurors après Poudlard, mais que ce dernier, préférant vivre dans un monde de rire plutôt que de tristesse, a choisi de retrouver Georges et de prendre la place de Fred dans la magasin de farces et attrapes. C’était cohérent avec le personnage, ça tenait debout). Mais le pire de tout, c’est Snape. Ah la vache, jamais vu un auteur renier autant un de ses personnages. Bon j’en dirais pas plus, mais j’ai peine à croire qu’il s’agit du même auteur qui nous a écrit une des plus grandes saga du 21e siècle.
Bon, vous vous en doutez, je vais pas parler de Delphi, c’est inutile, vous devez savoir ce que j’en pense.

Finalement, AMHA, tous les anciens personnages sont mal écrits. Heureusement, j’ai bien aimé les deux personnages principaux, Albus et Scorpius, qui sont plutôt intéressants.
Pour conclure, je dirais que j’aimerais avoir la chance de voir la pièce de théâtre, même si je pense qu’il faut s’attendre à la sortie en DVD quand les représentations seront terminées, pour me faire une vrai opinion sur la qualité de l’ensemble.

Voilou.

Conclusion : Deux avis négatifs et un positif. Et vous ? Qu’avez vous pensé de Harry Potter and the Cursed Child ?
N’hésitez pas à nous donner votre avis en commentaire ici ou sur facebook !

Portez vous bien, et allez peindre des figurines !

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